C'est ce 12 janvier que la France doit transmettre ses observations à la Cour européenne des droits de l'homme dans le cadre de trois requêtes déposées par des enfants de harkis, ces supplétifs qui ont combattu auprès de l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Il s'agit d'une longue procédure qui fait suite à des demandes devant la justice...

La Cour européenne des droits de l'Homme

Le drame des harkis est un des drames de l'Histoire de France qui mérite d'être soumis à l'examen des juges de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Beaucoup on en rêvait, le Comité Harkis et Vérité l'a fait.
Après l'arrêt du Conseil d'Etat du 3 octobre 2018 qui a reconnu pour la première fois la responsabilité de la France dans le drame des harkis assortie d'un droit à réparation, le Comité Harkis et Vérité porte aujourd'hui une douzaine de requêtes de familles de harkis devant la CEDH.
La première requête a été déposée à Strasbourg en mars 2019 contre l'arrêt du Conseil d'Etat du 3 octobre 20218. Plusieurs autres requêtes ont été déposées par la suite à la demande de familles de harkis qui se sont vues opposées la prescription quadriennale par l'Etat français dans leurs procédures devant les juridictions françaises.
Au cours de l'année 2024, la Cour européenne des droits de l'Homme rendra ses premiers arrêts sur le drame des harkis.
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Charles Tamazount, juriste et président du comité Harkis et Vérité, et Dalila Kerchouche, grand reporter, scénariste et auteure de "Mon père, ce harki" (Seuil), regrettent la rapidité avec laquelle a été examiné le projet de loi de reconnaissance et de réparation du drame des harkis, et y voient une autre raison.
La juridiction a demandé au gouvernement français, le 17 septembre, de soumettre ses observations avant le 12 janvier 2022 afin de répondre à des requêtes déposées par des fils de harkis.